L’hôpital et la sécurité des soins

L’incendie qui est survenu le mardi 28 novembre 2017 au Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre a remis à l’ordre du jour les problèmes de sécurité des soins à l’hôpital. Le CHU est sinistré.

En effet, ce sont 460 patients qui ont été évacués vers d’autres établissements de santé de la Guadeloupe tels hôpitaux publics et cliniques privées.

Un hôpital de campagne a été construit en urgence tout en sachant que la fin des travaux du nouveau CHU est prévue en 2022.

Nous avons bien compris que la solidarité a été mise en œuvre autant par la ville de Pointe-à-Pitre avec la mise à disposition du Palais des sports du Gosier, la clinique des Eaux Claires, que par des établissements publics comme le Centre Hospitalier de Basse-Terre et le Centre Hospitalier de Capesterre-Belle-Eau ainsi que des médecins de ville.

Comment sont organisés les établissements de santé partout en France ?

Au sein d’ un hôpital, on trouve non seulement les médecins, psychologues, les infirmières, les aides-soignants, les assistants de service hospitalier et les personnels de rééducation comme le kinésithérapeute, l’ergothérapeute, le psychomotricien, ou encore l’orthophoniste.

De même, des personnels techniques  assurent par exemple le bon fonctionnement des lits des patients.

Enfin, le directeur gère tout ce qui concerne l’établissement de santé et le personnel, il doit rendre des comptes à l’agence régionale de santé qui finance l’hôpital en fonction de son activité.

Au niveau du fonctionnement des hôpitaux publics comme le Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre, qu’est-ce qui pose problème ?

Les problèmes sont doubles : d’une part, l’Etat n’a pas d’argent depuis au moins la crise financière de 2008 d’où l’obligation de faire des économies tout en sachant que ce sont les personnels et les médicaments qui reviennent à cher

En plus de l’obligation de faire des économies, l’hôpital public doit soigner les patients gratuitement, sans distinction sociale ou géographique et à tout moment. Or, qualité et sécurité coûtent de l’argent.

Les syndicats sont nombreux à pointer du doigt des mauvaises conditions de travail. De quoi s’agit-il ?

Il est à déplorer des comportements pervers de la part des directions à savoir le, recours à des contrats précaires pour pallier au manque de personnel et de cadre, le flou sur qui fait quoi, le manque de valorisation de l’implication des agents  ou encore des contradictions comme de dire à un agent de mettre en place des projets sans lui donner les moyens.

Quelles pistes sont envisagées par le gouvernement pour les hôpitaux ?

L’idée la plus importante est que plusieurs établissements de santé mettent en commun leurs dépenses à travers pour la Guadeloupe,  les groupements hospitaliers Sud-Basse-Terre et Saint-Martin / Saint-Barthélemy sachant que quatre établissements échappent au groupement.

Madame Mina YENKAMALA

Psychologue Hospitalier

Juriste de droit public et administration

des collectivités territoriales