CDR#28: Devons-nous sacrifier notre vie pour travailler ?

Au lendemain du dévoilement du premier ministre Mr Édouard Philippe sur le contenu de la

réforme du compte de pénibilité du travail qui se transforme maintenant en compte de prévention,

on va se poser la question aujourd’hui, veille des vacances pour certains, si l’on doit se sacrifier

pour travailler.

Doit-on attendre d’être complètement usé à essayer de remplir notre carte à points pour pouvoir

partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel?

[Q] Alors Muriel suggérez-vous qu’entre travailler et vivre, trouver un équilibre est un mythe

pour les salariés?

Oui si l’on doit attendre sur le gouvernement. Avec cette nouvelle réforme nous avons 4 critères

qui sont mis d’office au placard sur le compte à points des salariés car difficilement mesurables:

– La manutention de charges lourdes;

– Les postures pénibles;

– Les vibrations mécaniques;

– Les risques chimiques;

et c’est sans compter les soignants et les cadres et leurs suicides qui sont les laisser pour compte

de cette réforme pour l’instant.

Selon des études menées par des experts du monde du travail et du comportement humain, cette

recherche de l’équilibre est encore plus difficile pour les gestionnaires surbookés surtout si ce sont

des femmes.

[Q] Avez-vous une solution ou des suggestions pour rétablir l’équilibre ?

Nous avons des pistes avec les travaux menés par Ellen LANGER, spécialiste de la pleine

conscience, qui ouvrent des perspectives. Selon elle, l’opposition entre travail et vie ne fait

qu’aggraver le problème. Il faudrait revoir nos comportements et développer notre curiosité pour

parvenir à une sérénité nouvelle car la vie est un tout. Chacun est libre de ses choix et la question

n’est pas de travailler pour vivre mais de travailler et de vivre.

[Q] Qu’est-ce que la pleine conscience dont vous parlez ?

La pleine conscience ou «mindfullness» en anglais est un processus qui consiste à remarquer

activement les nouvelles choses ce qui permet d’être dans le présent. Être pleinement engagé et

se rendre plus conscient des perspectives et des contextes.

Selon Mme LANGER, dans notre recherche de la stabilité en maintenant les choses en place et

donc en les contrôlant, nous oublions souvent que tout change constamment alors cela ne marche

pas.

Ce que Mme LANGER propose est plus une intégration plutôt qu’un équilibre entre vie personnelle

et vie professionnelle. Car le terme équilibre suggère une opposition alors que ce n’est pas le cas.

[Q] Que doit-on o/n faire alors pour intégrer nos deux vies ?

Tout d’abord il ne faut pas les séparer car les deux s’articulent autour de l’humain et contiennent

leur part de stress et d’emploi du temps à respecter.

Ensuite si vous êtes un gestionnaire par exemple, et que vous vous sentez dépasser par vos

responsabilités vous pouvez remettre en question la croyance selon laquelle vous êtes le seul à

pouvoir trouver une solution, qu’il n’y a qu’une façon de faire les choses et que l’avenir de la

compagnie dépend de vous.

[Q] Si on devait retenir une chose par rapport à notre question doit-on sacrifier notre vie

pour travailler, laquelle voudriez vous que ce soit?

D’être présent, s’écouter et trouver des solutions avec nos collègues pour obtenir un bien-être

commun.