La lampe à pétrol

   

On peut dire que la genèse de toutes les lampes est la lampe à huile.

Déjà dans les grottes, les hommes s’éclairaient avec.

Celle retrouvé datent de près de 3000 av J.C.

Leur 1er combustible est de la graisse animale, de l’huile végétale, plus récemment de l’huile de baleine ou encore de l’huile minérale.

En 1849, « en France, on brûle de l’huile de colza, purifiée à l’aide d’acide sulfurique qui s’avérait excessivement irritant pour le système pulmonaire,

 

Les progrès de la lampe à huile à partir de 1780

 

  • Le chimiste français Joseph Louis Proustinvente vers 1780 la lampe à huile à réservoir latéral : l’huile, située en hauteur par rapport au bec, est poussée vers le bec par son propre poids.
  • Le physicien et chimiste suisse Aimé Argandinvente, en 1782, la mèche cylindrique et la cheminée de tôle, puis de verre. Associé à Lange (ou L’Ange), un autre inventeur, il produit une lampe connue sous le nom de « lampe d’Argand ».
  • Le pharmacien Antoine Quinquet, en 1784, rassemble ces trois innovations dans la lampe qui porte son nom, montée sur une tige. Cette lampe est bien au point et restera d’usage courant jusqu’à l’avènement du pétrole.
  • La lampe Carcel, à partir de 1800, est plus compliquée et coûteuse : elle comporte un mouvement d’horlogerie et une pompe pour faire monter l’huile. Le réservoir n’est plus latéral : il est maintenant sous le brûleur.
  • Isaac-Ami Bordier-Marcet, successeur d’Argand, crée en 1809la lampe « astrale » à réservoir plat disposé autour du brûleur.
  • Enfin, la lampe à modérateur, en 1837, reprend le principe de la mécanique à piston, mais se voit adjoindre une aiguille mobile régulatrice

 

 

L’avènement de la lampe à pétrole

  

À partir de 1853 le pétrole lampant, permettant une excellente montée du carburant vers la mèche par capillarité, provoque l’extinction de facto de la lampe à huile.

Inventée par le pharmacien polonais Ignacy Lukasiewicz dans cette même année, la lampe à pétrole est un luminaire constitué d’un réservoir contenant du pétrole lampant (distillat de pétrole), qui monte vers le bec grâce à une mèche. Le tout est surmonté d’une cheminée de verre.

 

En Amérique en dehors des lampes à pétrole, la lampe à essence débute en 1855 par les premiers essais réalisés par l’Américain Chamberlin.

En France, un ouvrier mineur, Alphonse Mille, dépose en 1857 un premier brevet de lampe dont le carburant était une essence de fabrication artisanale, le gaz-vapeur appelé gaz Mille.

Puis un autre industriel, Charles Pigeon crée une lampe à essence minérale dont le premier brevet est déposé le 21 octobre 1884.

Ce fut une longue épopée de développement et d’améliorations pour rendre cette lampe inexplosable, esthétique et bon marché.

De nombreux fabricants produisirent des copies de la lampe Pigeon.

 

 

C’est donc une lampe à flamme éclairante, qui reprend tous les progrès apportés à la lampe à huile à partir de 1780, mais simplifiée par rapport à elle.

 

 

 

 

Usage domestique

 

En Europe, les lampes à pétrole étaient à mèche cylindrique : il en existe de nombreux types, ayant chacun leur bec et leur verre bien définis :

  • le bec Kosmos, encore en usage de nos jours, est accompagné d’un verre à étranglement, qui étire la flamme en hauteur pour accroître l’efficacité lumineuse ;
  • le bec Matador, à disque horizontal, produit une flamme large : le verre comporte un renflement caractéristique permettant à la flamme de s’épanouir.

L’Amérique a surtout connu des lampes à mèche plate, simple ou double, et verre très renflé dit « piriforme » ou « viennois », telles qu’on peut les voir dans les westerns.

Lampe tempête

La lampe-tempête est une lampe à pétrole transportable, dont la flamme est protégée du vent.

Il en existe deux modèles, améliorés au cours du xxe siècle, à recyclage d’air :

  • le type ancien, à recirculation d’air chaud, aujourd’hui abandonné ;
  • le modèle actuel, à recirculation d’air froid, nettement plus efficace.

 

Lampe à pression

La nouveauté de la lampe à pression (mise au point vers 1910) est l’utilisation du manchon à incandescence, découvert en 1885 par le physicien autrichien Carl Auer von Welsbach.

Ce manchon dispense une lumière considérable, inconnue jusqu’alors, et capable de rivaliser avec l’éclairage électrique. Il fut adopté d’emblée pour tous les réverbères à gaz et les phares maritimes, dans le monde entier.

 

Dans sa version portable, la lampe à manchon incandescent est composée d’un réservoir, muni d’une pompe pour pousser le pétrole vers le brûleur, protégé par un verre cylindrique.

Cet objet, bien que connu en France (il figure en bonne place dans les catalogues Manufrance des années 1920), n’a jamais réussi à s’implanter dans les foyers français malgré toutes ses qualités.

Par contre aujourd’hui encore, c’est un objet populaire dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, et toujours très utile partout dans le monde où l’électricité n’est pas encore arrivée.

C’est aussi un excellent éclairage de chantier.

Il existe trois grandes familles de lampes à pression :

  • les lampes à pétrole d’origine allemande (type Petromax), aujourd’hui en fabrication dans de nombreux pays sous diverses marques ;
  • les lampes à pétrole anglaises (Tilley, Bialaddin/Vapalux) ;
  • les lampes américaines et canadiennes (Coleman) qui, elles, sont le plus souvent à essence.

 

Suivant l’exemple des lampes à pression, certaines lampes atmosphériques (sans pression) à pétrole, à essence ou même à alcool ont été pourvues d’un manchon à incandescence de forme conique, en Allemagne, en France, et plus encore en Amérique, où elles sont toujours en faveur, par exemple, dans la communauté amish, qui en fait un usage quotidien, concurremment aux lampes à pétrole conventionnelles.